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La presse face à la Cour Constitutionnelle : Une audience de bonne facture!

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Le Tribunal de Grande Instance de la commune V du District de Bamako était le point d’attraction de la capitale ce jeudi matin. La particularité, Boubacar Yalkoué du « Le Pays » un journaliste, disons la presse digne et combattante mise en cause par des personnalités peu soucieuses de la Démocratie, une présidente de la cour Constitutionnelle, tortionnaire de la loi dans un passé lointain et si proche.

Quelle fierté d’abord dans les rangs de la Presse qui a mobilisé une bonne partie de la crème de cette profession que certains veulent faire taire. La plainte introduite par les juges de la Cour Constitutionnelle, une institution qui prétend être la garante de la stabilité nationale.

Aux alentours du tribunal, les accès totalement bloqués, la zone fortement quadrillée par la police, la garde nationale et la Gendarmerie, joliment et lourdement équipés pour d’éventuels débordements. Même la presse était concernée par les restrictions instaurées pour un procès tout spécial.

Dans la salle, l’heure est sérieusement respectée par le tribunal où le président de Céans, le Procureur Mohamed Maiga et la greffière ont pris place, symbole d’une audience qui s’ouvre devant des confrères fortement représentés. Dramane Aliou Koné, président de la maison de la presse, Bassidiki Touré, président de l’ASSEP et autres figures, Amy Sanogo, Ras Bath ou Nouhoum Togo.

Au prétoire, notre confrère Boubacar Yalkoué, les yeux dans ceux d’un jeune magistrat, au centre et en face de lui, il s’agit de celui qui entre déjà dans l’histoire, quelle que soit sa décision, dans un procès qui provoque toute une corporation vitale pour la vie de la Démocratie.

Le président demande au Directeur du journal « Le Pays » de décliner son identité complète et sa profession. « Je suis Boubacar Yalkoué, je suis journaliste, je loge à Kalaban Coura » répond le confrère habillé en blanc comme pour signifier qu’il venait en paix et pour signifier la vérité.

La première étape, comme le dit la loi en matière de citation directe, c’est la fixation de la consignation lors de cette audience préliminaire. Le débat est donc engagé entre des avocats qui ne comptent passe des cadeaux. Manassa Danioko et consort étaient représentés par 3 avocats. Boubacar Yalkoué lui, était tout près de Me Demba Traoré et de Me Abdourahmane Ben Mamata Touré.

La partie civile propose d’entrée de jeu, la somme de 50.000 FCFA pour les frais de consignation. Pour le procureur Maiga, c’est une autre lecture, au regard du choix fait par les plaignants : « Le fait de contourner le procureur que je suis rentre en ligne de compte. C’est vous qui avez saisi directement le président du tribunal. Donc me rend un peu jaloux » sourit le procureur qui estime que la somme avancée par la partie civile est très dérisoire et qu’il serait raisonnable de consigner à 500.000 FCFA.

Pour les avocats de la défense, le dispositif sécuritaire qui est visible et installé ce matin devrait être couvert par les frais de consignation. Ils ont souhaité que le tribunal accepte le montant de 900 millions. Mais le juge en dernier ressort a décidé de suivre l’avis du ministère public en fixant la consignation à 500.000FCFA avant de suspendre et renvoyer l’audience proprement dite au jeudi 13 Décembre 2018.

A l’extérieur, c’est une ambiance de satisfaction et de soulagement parmi les confrères dignes, solidaires et disponibles à cette occasion. Il n’y a eu aucun incident majeur à signaler sauf le refus de permettre aux citoyens d’accéder au tribunal. La mobilisation de responsables politiques, de jeunes du CDR ou encore et la présence des organisations professionnelles.

ABC

A suivre

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