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Jour de bonheur au Mali : IBK fait rapatrier ATT

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La République du Mali a encore connu une date que les maliens, admirateurs et détracteurs de deux hommes (IBK et ATT) retiendront selon leurs humeurs. Au cours de ces dernières années, l’humiliation, la vengeance et les calculs politiciens ont embourbé le peu de discrédit qui restait encore à la table du concert des nations. Cette fois-ci, la malianité est passée par là : IBK fait rapatrier ATT !

Les collaborateurs immédiats D’IBK ne sont pas forcément tous mauvais, en tout cas, depuis quelques semaines, le chef de l’Etat prend des décisions incontournables et salutaires pour la vraie réconciliation nationale, un des piliers de son élection.  Il y a quelques jours, selon des sources diplomatiques, que le chef de l’Etat IBK avait dépêché  Toumani Djimé Diallo afin d’informer l’ancien président ATT de son retour chez lui. Le geste est grand au-delà de toutes considérations individuelles.

La fête était belle, avec une grande implication de la présidence. 4 Premiers ministres (ceux d’Amadou Toumani Touré  et Abdoulaye Idrissa Maiga), quelques membres du gouvernement, des députés, des chefs de partis politiques etc. Il y avait également des partisans du PDES, des anciens ministres du régime ATT, des responsables de la majorité présidentielle et une présence notoire de la presse nationale et internationale.

Sur le terrain, disons à l’aéroport Modibo Kéita Senou, l’organisation ne saurait être parfaite. Pour un jour d’émotion et de réconciliation, les fourgons de Koulouba étaient visibles, les forces de l’ordre déployés en masse et les consignes bien strictes. L’accès à l’enceinte de la zone VIP n’était ni sans consigne ni sans contrôle. Le protocole, au-devant duquel se trouvaient le secrétaire général adjoint de la présidence Moustapha Ben Barka et Amadou Koita, a formidablement réussi l’événement malgré le débordement brusque occasionné par un hôte (ATT) que de milliers de compatriotes voulaient embrasser et toucher.

Sur le tarmac de l’aéroport, l’avion présidentiel du Mali s’est immobilisé une heure après son décollage de celui de Léopold Sedar Senghor de Dakar. Face aux forces de l’ordre, quelque peu exigeantes, la kyrielle de journalistes présents s’est affranchie d’une ligne que Mamadou Camara avait délimitée bien avant. Des lors, tout a débordé. La quête d’images insolites et l’obligation de tout avoir ont occasionné un grand désordre. L’homme que la foule espérait frotter sera finalement soustrait des bousculades et du bruit. Il est conduit directement dans le salon d’honneur où les personnalités ne se comptent pas. Cette fois, c’est l’émotion et la pression qui conditionnent tout.

Larmes, cris de joie et évanouissements, beaucoup n’ont pas supporté cette journée extraordinaire d’une République où ancien et nouveau présidents sont habillés en blanc, couleur d’une paix désormais devenue plus que possible. Ensuite, direction Sebenicoro, la résidence de son Excellence Ibrahim Boubacar Kéita. C’est autre étape, accueil singulier et repas typiquement maliens. Les premiers mots d’ATT sont pour l’homme qui, selon lui, s’est dédié à son retour : « Mais permettez-moi encore de saluer et de remercier du fond de mon cœur Son Excellence Monsieur le Président de la République Ibrahim Boubacar Keita pour tout ce qu’il a consenti comme efforts et toutes les commodités qu’il a fait mettre en place pour me permettre aujourd’hui de revenir dans notre très cher pays. »

L’ancien chef d’Etat, en malien digne et reconnaissant, a salué la solidarité et l’hospitalité du président Macky Sall et de tout le peuple sénégalais. Ca fait exactement 5 ans et 8 mois. J’étais comme chez moi au Mali. Je prends deux ou trois petits exemples. La mosquée dans laquelle j’ai commencé à prier depuis mon arrivée à Dakar est une mosquée qui se trouve à l’hôpital Le Dantec, mais vous ne pouvez pas imaginer combien après la mosquée, je suis obligé de saluer toute la mosquée par ce que toutes les mains sont tendues pour me marquer leur affection et cela m’a beaucoup touché.

Le deuxième point c’est encore ma salle de sport qui s’appelle Gymnasium. Au début, j’étais un client et un beau jour il y a 3 ans ils sont venus me voir, ils m’ont dit « ATT tu ne paies plus ».Et, le dernier point c’est un simple taximan. Un jour, en retard pour aller au sport, j’ai pris un taxi pour y aller. Arrivé le taximan me regarde, il me dit : «c’est ATT » ? Je dis oui. Il me dit « tu ne paies pas ».

Voilà comment j’ai vécu et comment je vivais au Sénégal. Donc à mes frères du Sénégal, je leur dis tout simplement merci. Mes petits fils m’ont appris un peu de wolof  »Jerdjef  ». Et le dernier mot pour les halpoulards » tchadé ondiarama, tchadé few few, Allah yobon du fond de mon cœur ».

Le Mali, depuis son départ, c’est aussi des violences qui ont entrainé de milliers de morts et de blessés. ATT s’est incliné sur la mémoire de toutes ces victimes. Avec à ses côtés, sa femme ses deux filles, IBK ne trouve pas non plus les mots pour qualifier le bonheur qui l’anime. Il a été grand et courageux, notre président qui aurait compris l’exercice du pouvoir ne peut aller sans l’humilité et le pardon.

Un moment phare de l’événement, les larmes de l’ancien président. N’importe qui à sa place aurait sangloté à sa place. Monter son peuple et ses troupes contre lui à tel point de le qualifier d’ennemi de l’Etat ? Indexer l’homme comme étant un soutien aux rebelles indépendantistes et voir comment ce peuple l’a accueilli ? C’est une histoire émouvante, orchestrée par le chef de l’Etat d’un pays qui étouffe et qui se cherche sur le front d’un terrorisme qui ne fait qu’empirer.

Ce dimanche 24 Décembre restera une journée de concorde et d’extase, la retrouvaille d’un homme et d’une famille avec leur pays et leur peuple. C’est cela notre pays. Toute cette mention revient aussi à IBK que tout le monde a remercié, mêmes les plus pointus comme Nouhoum Togo, général des fidèles partisans d’un homme modeste et souriant.

Là également, d’autres proches et amis l’attendaient. C’est le cas du chef de file de l’opposition Soumaila Cissé qui dit avoir connu ATT depuis 1962. Tout près de lui, Nouhoum Togo, un conseiller en communication, lui glisse quelques mots au micro de TV5 : « Dites quelques mots pour l’intérêt de la nation. »

Maintenant qu’ATT est venu, que va-t-il se passer ?

Pour le chef de file de l’opposition, Dieu seul le sait : « Moi j’ai demandé  depuis longtemps son retour, j’ai souhaité cela en public et tous les cadres de l’URD réunis en congres en Mars 2016 l’ont demandé. Une fois qu’il a été blanchi par l’assemblée nationale, il n’y avait pas de raison particulière qui ne soit pas de retourNotre combat n’a rien à voir avec le retour d’ATT. Nous sommes à l’opposition, nous nous assumons, nous nous battons. J’ai connu ATT au collège moderne de Mopti, c’est dans l’ordre des choses que je vienne le saluer

ATT et sa famille résident dans une villa flambant neuve au fond de l’ACI 2000 avec toutes les commodités allant de la sécurité, aux moyens de déplacements. Ce lundi, il se rendra à Mopti pour un cérémonial particulier auquel il n’avait pas eu droit.

Ceux qui ont combattu et œuvré au retour d’ATT doivent-ils arranger les armes ? Rien n’est sûr.  Ils ont remercié le chef de l’Etat et ont affirmé se montrer reconnaissants. La portée de ce retour n’est donc encore finie et les prochains mois le diront.  Mais un traité social vaudrait parfois mieux que la vérité.

ABC

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