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Moussa Mara sur le fichier électoral controversé :«Les autorités porteront la responsabilité de ce qui va se passer.»

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L’ancien premier ministre du Mali, M. Moussa Mara était face à la presse ce mardi 23 juillet 2018 au  Q.G du candidat Cheik Modibo Diarra. Le doute porté sur la fiabilité du fichier électoral soulevé par M. Tiebilé Dramé, directeur de campagne du candidat de l’URD, était le menu principal de cette conférence.

A quelques jours du scrutin présidentiel dans notre pays, des voix se sont levées pour dénoncer une tentative de fraude organisée par le régime actuel. Et c’est M. Tiébilé Dramé, l’opposant farouche au régime IBK qui a sonné l’alerte en dénonçant l’existence d’un fichier électoral parallèle.  Une situation qui préoccupe le camp de la coalition Cheik Modibo Diarra.

En effet, selon Moussa Mara, la révélation du camp de l’URD sur le fichier électoral mis en ligne par le gouvernement comporte des éléments substantiels. Le plus inquiétant de cette révélation, selon lui, est l’existence sur ce fichier électoral, de « doublons, ou de triplons », c’est-à-dire, « le même électeur qui figure sur plusieurs centres de vote d’une même circonscription ou de plusieurs circonscriptions » a-t-il expliqué. Ce qui prouve, à l’entendre parler, l’existence «d’autant de cartes d’électeurs que d’électeurs ».

Autres éléments préoccupants dans le fichier électoral dénoncé par le camp de l’URD, c’est l’existence de bureaux de vote fictifs. En effet, pour Moussa Mara,  il existe bel et bien dans ce fichier un écart  de 6  bureaux  de vote. Selon le directeur de campagne du candidat Cheik Modibo Diarra, les réactions du gouvernement ne sont pas convaincantes « L’attitude du gouvernement n’est pas une attitude constructive», a-t-il dit.

Selon Mara, le gouvernement, à travers les discours du président de la république sortant et de son premier ministre, ne joue pas à l’apaisement et  semble avoir déjà pris  le sentier de l’affrontement. Et de prévenir : « les autorités porteront  la responsabilité de ce qui va se passer.»

Retrait des cartes d’électeurs

Sur ce point, Moussa Mara a dénoncé les mauvaises conditions de distribution des cartes d’électeurs. A Bamako, son Excellence Moussa Mara estime que le gouvernement ne joue pas franc jeu dans le processus de distribution des cartes d’électeurs. D’où le faible taux de retrait dans la capitale : « il y a toute sorte d’obstacles crées pour que les gens n’aillent pas retirer leurs cartes d’électeurs» a-t-il martelé.

Contrairement à Bamako, le taux de retrait des cartes d’électeurs est très relevé dans les régions du nord et certaines parties du centre. Un véritable paradoxe, juge le coordinateur de campagne, au regard de l’insécurité grandissante et de l’absence de l’Etat dans plusieurs localités de ces parties du pays ou la population n’a pas la tête aux élections. « Nous avons 60 communes sur 108 a Mopti ou il y’a une insécurité majeure », affirme-t-il, sans compter Tombouctou et Kidal ou l’Etat est quasi absent.

Pour Moussa Mara, le taux de 80 % de retrait des cartes d’électeurs dans ces zones, annoncé par le gouvernement n’est pas crédible «Qui a distribué ces cartes d’électeur et à qui on a distribué» s’étonne l’ancien premier ministre.

 

Problème sécuritaire

 

La sécurité reste le véritable défi à relever durant la période électorale. En effet, à quelques jours du scrutin présidentiel, Moussa Mara estime que les conditions ne semblent pas être réunies pour sécuriser les 23000 bureaux de vote. Absence de préfets, de sous-préfets et des gendarmes, autant de difficultés énumérées qui empêcheraient la présence des délégués et assesseurs dans ces localités.  A cet effet, il a appelé les autorités à rassurer les citoyens par des actions concrètes, devant conduire à un scrutin présidentiel inclusif.

A la question des confrères sur la participation du candidat Cheik Modibo Diarra dans cette élection très mal organisée, Moussa Marra a affirmé que toutes les possibilités étaient envisagées par la coalition, mais qu’il revenait seulement au candidat de décider.

Moussa Mara a aussi dénoncé l’achat de conscience durant cette élection présidentielle. « Jamais je n’ai vu autant d’utilisation de moyens  dans les élections. » a-t-il dit, avant d’ajouter : «si le président est réélu, c’est l’argent qui l’a élu. Ce n’est ni son bilan, ce n’est ni sa personne, ce n’est ni son équipe, ce n’est ni son dynamisme. »

 

Avant la fin de la conférence, l’ancien premier ministre a invité les responsables des partis politiques à privilégier la voie du dialogue et du consensus afin d’éviter une crise post-électorale qui serait fatale à notre pays.

 

A signaler que cette conférence de presse a été mise à profit par les organisateurs pour présenter les nouvelles adhésions à la coalition CMD. Des personnes influentes dont Aminata Dramane Traoré ont été citées. Selon les organisateurs, ils sont au total dix partis politiques et 80 associations qui ont rejoint le camp de la coalition.

 Boubacar Kanouté.

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